LES SOUFFRANCES DE JOB

de Hanokh Levin 
 

Editions Théâtrales
Texte français de Jacqueline Carnaud et Laurence Sendrowicz 
 

Quelques mots

"Mesdames et messieurs, regardez,

un homme tombe du haut d'un toit.

Les bras écartés, il tournoie dans les airs,

son cri se brise et résonne.

Vous reculez d'un pas, de peur

que son sang vous éclabousse mais, fascinés,

vous suivez sa chute et attendez, avec délectation

et horreur, l'instant fatal, l'instant unique

où son corps heurtera le sol.

N'y cherchez pas un sens ni une morale,

contentez-vous d'apprécier le spectacle :

un homme tombe et bientôt, il sera mort."

[Les Souffrances de Job 

in Théâtre Choisi II, Pièces mythologiques. 

éditions Théâtrales, éditeur et agent de l’auteur.]

Les souffrances de Job est classée dans les Pièces Mythologiques de Hanokh Levin [1943-1999]. C’est en 1981 que l’auteur présente cette réécriture de l’histoire de Job, figure biblique, mythique, inéluctable et ultime traversée d’un bouc-émissaire transcendé. Merci à Laurence Sendrowicz et Jacqueline Carnaud pour leur traduction sans laquelle nous n'aurions pu porter le texte ! Merci aux Editions Théâtrales.

Les acteurs, au nombre de six, maîtrisent le texte dans son intégralité. Ils sont donc capables d’interpréter tous les rôles. La distribution sera changeante, chaque soir tirée au sort par le public, juste avant la représentation.

Ce processus implique des enjeux importants au plateau pour les acteurs, et propulse le spectateur dans la responsabilité ambiguë du choix du bouc-émissaire.

La notion de masse est primordiale. Ce sont les masses qui « maîtrisent » les mécaniques de la violence au sein de la pièce. Job est au centre, mais Job est sujet de craintes, de reproches, de violence, d’incompréhensions, de rejet et d’indifférence… il existe parce qu’autour de lui, se déploient forces brutales, intérêts vitaux et débats fiévreux. Levin questionne ces dynamiques en instaurant une gradation de la violence par et pour les hommes, avec humour, distance et cynisme. Nous le rejoignons par ici, avec la Marionnette.

 

Drame et comédie cohabiteront, de façon évidente et ardente, en symbiose avec l’écriture de Hanokh Levin. Nous ne souhaitons cesser de cultiver le rebondissement perpétuel, allier les jeux grotesques et la lancinante plainte de la souffrance, et encore, avec distance, faire entendre la respiration de l’œuvre et l'habiller de la joie profonde du jeu, de poésie, et des lumières du théâtre.

Résidence Mars 2019

Photos de Serge Gutwirth, tous Droits Réservés

Compagnie Deraïdenz

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